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Meurtes en direct

Montréal, Québec, Canada - 18 novembre 2004
Par Max
 

La télé américaine, et celles du monde entier par la suite, ont ouvert leurs bulletins de nouvelle de fin de semaine avec la scène d’un marine américain qui fusillait un Irakien étendu, feignant d’être mort dans une mosquée. Toutes les guerres ont eu leurs atrocités. Une guerre, par nature, c’est un événement sordide. Les invasions romaines, la chevauchée guerrière de Napoléon, les deux grandes guerres mondiales ont tous engendré des scènes barbares envers d’autres combattants ou même envers d’innocentes victimes. L’omniprésence des caméras au milieu des conflits armés de notre époque n’immunise pas les guerriers contre une fièvre meurtrière. Sur les champs de bataille, les hommes qui s’affrontent sont programmés à haïr, sont entraînés à tuer. Sans cela, ils resteraient bien sagement à la maison à regarder grandir leurs enfants, à caresser leurs blondes, à prendre un verre avec les copains ou à simplement vivre intensément au jour le jour. Les images auxquelles ont accès les deux armées qui s’affrontent avivent la haine de l’ennemi. Personne ne peut rester indifférent aux images d’un homme décapité devant la caméra avec un réalisme visuel et sonore qui nous transporte sur les lieux du crime. Personne ne peut rester calé dans son fauteuil quand un soldat loge une balle dans la tête d’un ennemi désarmé.

La guerre est une atrocité et en se faisant le complice des actes les plus répugnants qui s’y déroulent, les grandes chaînes de télévision propagent la haine et transportent des pays entiers sur des champs de bataille. Sous des faux prétextes de liberté de presse ou de droit à savoir, des chefs d’antenne se délectent de la mort en direct parce qu’elle fait enfler les cotes d’écoute. Posez-vous une simple question maintenant. Que vous a apporté dans votre vie la vue de cet homme qui meurt sous l’arme d’un marine américain? Quel bienfait avez-vous tiré du dernier râle d’un journaliste français décapité par un homme encagoulé?

Je ne sais pas qui a tord ou raison dans les parties qui s’affrontent en Irak ou ailleurs. Je suis porté à croire que chacun a ses tords et que chacun a ses raisons. Ce que je pense, c’est que la guerre devrait constituer le dernier geste, l’ultime recours après l’ultime tentative de paix. Ce que je sais par ailleurs, c’est que rien ne justifie de prendre le monde entier à témoin de la barbarie des gestes posés. À mille lieux des champs de bataille, le geste le plus noble que je peux poser pour m’indigner de ces images, c’est d’éteindre ma télé.   

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