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La barbarie en temps de guerre et de paix

Montréal, Québec, Canada - 1 avril 2004
Par Max
 

L’Amérique a été choquée par les gestes de barbarie posés par des Irakiens s’acharnant sur des cadavres déchiquetés et calcinés. Plusieurs ont sans doute été incapables de terminer leur roastbeef saignant à la vue de cadavres pétrifiés suspendus à la structure d’un pont désaffecté. Ces mêmes bonnes gens qui ont levé le cœur sur les actes de frustration d’un peuple vaincu et bafoué engraissent les caisses des cinémas devant La passion du Christ, la barbarie millénaire d’une torture élevée au rang de religion. Le cinéma a produit des dizaines de crucifixions au cours des ans mais aucune n’avait atteint un tel degré de réalisme que celle de Mel Gibson. Ce n’est donc pas tant la sempiternelle histoire d’un homme qui meurt pour sauver le monde qui émeut le bon peuple, mais la profondeur de ses plaies et l’abondance du sang qui se mêle à sa divine sueur.

L
a recette a prouvé maintes fois qu’elle fonctionne parfaitement. Autre preuve, l’insipide Kill Bill encensé par la critique et couru par des millions de fans d’un Tarantino fasciné par des bras et des corps décapités qui pissent le sang. Saving Private Ryan et Bands of Brothers ont établi les nouveaux standards de la guerre en montrant, de manière crue, la souffrance et la peur des soldats sur les champs de bataille de la deuxième guerre mondiale. Dites-moi en quoi la profanation de cadavres déjà passés dans l’au-delà est plus horrible que tout ce que la télévision nous fait avaler sans vomir.

Comment ne pas s’étonner du tollé des Américains devant les actes d’une guerre en direct ou en différé alors que ces mêmes dévots de la paix mondiale se régalent des autotortures dont s’afflige toute une génération de Jackass. On est loin de la génération Peace and Love qui s’indignait de la guerre au Vietnam. Leur rejetons ont si mal poussé dans la terre d’Amérique souillé du sang répandu de par le monde au nom d’un capitalisme rebaptisé démocratie qu’ils sont prêts à faire couler le leur pour se désennuyer d’une vie vidée de son sens. S’ils sont si malades de leur oisiveté ou de cause noble à soutenir, qu’ils aillent se meurtrir les mains à reconstruire ce que leurs dirigeants détruisent à coups de bombes et de haine. C’est pourtant le même sentiment qui guidait les bras de ces Irakiens lorsqu’ils profanaient les cadavres d’une nation contre laquelle ils ne peuvent rivaliser d’égal à égal. Quelle haine est la plus condamnable, celle de l’agresseur qui attaque ou celle de l’agressé qui exprime sa frustration et son impuissance? Il y a pourtant la légende d’un homme qui est mort, qui a souffert, qui a saigné et sué pour que la haine des hommes envers lui soit la dernière. Personne ne semble avoir compris son message. Pas même Mel Gibson qui engrange les millions parce que les tortures de son Christ sont plus vraies que nature.

 

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