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Band of Brothers : du Real TV d'une autre époque

Longueuil, Québec, Canada - 21 octobre 2002
Par Max

La nuit vient de tomber sur les tranchées congelées de la bataille de Bastogne, en Belgique. Cet épisode de Band of Brothers, une épopée de la fin de la guerre de 1939-45, se jouera longtemps dans ma tête ce soir-là avant que la fatigue ne m'emporte finalement. Je ne peux m'empêcher de me demander d'où nous vient cette fascination pour la guerre de nos pères et de nos grand-pères.

Richard Martineau a exposé sa théorie dans le Voir du 17 octobre dernier. C'était une des dernières guerres d'hommes à hommes. Une guerre de muscles et de courage alors qu'aujourd'hui, une guerre se gagne à coups de missiles téléguidés suivis sur écran cathodique ou de longs chapelets de bombes larguées des B-52.

Steven Spielberg exploite dans Band of Brothers le même réalisme sifflant et assourdissant qui a fait la fortune et la renommée de Il faut sauver le soldat Ryan. Les soldats qui crèvent l'écran et souvent crèvent à l'écran représentent des gens d'ici. L'âge et la maladie achèvent d'avoir la peau de ceux qui ont survécu sur les champs de bataille d'Europe. Dans dix ans, ils appartiendront seulement aux livres et à l'histoire.

Ces gens sont des héros d'une autre époque. Et l'Amérique vénère ses héros. Depuis quelques années, elle en a peu à aduler. En zappant entre deux séquences de Band of Brothers je trouvais insignifiants les plombs lancés à 95 miles à l'heure par l'artilleur Troy Percival des Angels d'Anaheim. Même les biceps gonflés de Barry Bonds n'arrivaient plus à m'impressionner.

Il faut de la souffrance pour nous émouvoir. Les héros stoïques et indestructibles coulés dans le moule de Dirty Harry ou de Rambo font maintenant rigoler. Spielberg nous ramène dans le temps. Band of Brothers c'est du Real TV en différé. Ce soir, même englouti sous ma doudou, je frisonnais à voir des soldats se geler les pieds dans la gadoue belge et dormir dans des trous de rats au son des mortiers et des mitraillettes.

Faute de champs de batailles, les Américains s'inventent des Survivors déposés avec d'imposantes équipes de télé dans des contrées réputées sauvages. Les participants ne se trucident pas, ils se bitchent à qui mieux mieux. Dans cinquante ans, le dernier survivant pourra racontera à ses enfants les dangers de ces contrées exotiques et leur exhibera une photocopie du chèque d'un million de dollars que lui a rapporté son expérience télévisuelle.

Sans ennemis à haïr, des détraqués s'inventent leur propre guerre et fusillent des innocents dans les rues de Washington. Transporter ses sacs d'épicerie, faire le plein d'essence et même attendre l'autobus font maintenant partie des activités à haut risque. Dans un an ou deux, un producteur avide mettra une 223 dans les mains d'un héros de pellicule pour que l'Amérique se souvienne.

C'est donc touchant l'histoire… même sordide.

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